Histoire & Palmarès

Histoire d'un club de quartier

Au début des années 80, Michel Bénézit apporte son aide à l'Amicale Laïque des Marichelles, il est loin de s'imaginer dans quel "bordel" il a mis les pieds. Aujourd'hui, cet ancien employé de la Caisse d'Épargne est toujours là, fidèle à son poste de président. Les lunettes fumées noires, style aviateur, ont bien disparu avec le temps. Le survêtement fluo en coton aussi. Mais la passion est toujours là. L'amour pour les jeunes du club aussi. Même si les temps changent...
Lorsqu'il prend une maison dans le quartier des Marichelles, Michel Bénézit est à la recherche d'association pour lui permettre d'occuper son temps libre. À quelques mètres de là, l'Amicale Laïque des Marichelles tient une petite section de football avec quelques amateurs. Ils sont une trentaine à s'essayer au foot, sur le terrain vague de la rue Desrousseaux. C'est alors que Ferdinand Singier, éducateur à l'Amicale, demande à Michel de venir jouer. Blessé au tendon d'achille depuis plusieurs années, il refuse. Michel préfère s'investir dans l'encadrement de la section football. Rapidement, les gamins du quartier affluent en nombre. Ses garçons vont faire quelques gammes au club, suivis des copains de classe. L'ambiance se veut familiale. Tombola, marché aux puces, repas dansant, Michel multiplie les animations de la section football au sein de l'Amicale Laïque. Alors qu'il n'était qu'une toute petite section, le football prend une place importante dans l'Amicale, aussi bien en terme de finances qu'en nombre d'adhérents. Au point de faire de l'ombre aux autres disciplines. Regrettant le manque d'ambition de l'Amicale Laïque concernant le football, Michel Bénézit décide de partir. Il fonde alors un nouveau club  : l'Olympique Liévinois. « C'est le 15 juin 1985 que nous avons enregistré la création du club, se souvient le président et fondateur. Il n'existait plus de section football à l'Amicale, alors on s'est retrouvé à 80 joueurs sur le terrain de la rue Desrousseaux, avec quelques ballons. Là, il a fallu tout reconstruire. J'ai même mis 7 000 francs de ma poche pour payer les licences. Pourquoi ? Parce que j'en avais envie ».

Pas de club pour
les quartiers voisins

Michel se rend compte qu'il existe un potentiel énorme pour fonder un club de football dans le quartier. De nouvelles maisons fleurissaient partout, et il n'existait aucun club dans le quartier. Et puis à l'époque, il n'existait pas d'ordinateur ou de console de jeu pour distraire les enfants.
Le club de foot était alors l'endroit idéal. « Je l'ai senti tout de suite. Nous sommes dans un secteur modeste où l'on n'a pas forcément de moyen de locomotion pour emmener son enfant à l'autre bout de la ville afin de pratiquer le sport, explique Michel Bénézit. C'est avec l'aide de Madame Gras, enseignante à l'école d'à côté, que nous avons pu tenir un premier bureau dans l'école. J'ai même fait des démarches administratives sur les urinoirs !
 » Nous sommes en septembre 1986, le club de l'Olympique Liévinois vit alors sa première saison. « Nous avions choisi le nom de l'Olympique Liévin, car cela connotait l'ambition, se souvient Michel. Si on avait mentionné les Marichelles, cela faisait petit club de quartier. Nous, on voyait plus grand, mais on n'oubliait pas notre quartier pour autant. »
Rapidement, le club atteint les 400 licenciés. Ils bénéficient d'infrastructures lui permettant de continuer son évolution : terrain rouge, vestiaires, douches, bureau.. Parallèlement, les seniors grappillent des places au championnat, et les enfants sont de plus en plus nombreux. Surtout, Michel peut compter sur une équipe de bénévoles hors pair. Toujours là pour l'aider. « C'est ma plus grande fierté, explique-t-il. Ces ont eux qui ont fait le club.
Toujours prêt à être au club, à emmener les gamins... Heureusement qu'ils sont là. »
Le Phénix,
pour renaître
de ses cendres


À l'époque, les parents sont omniprésents pour les jeunes. Ils assistent aux entraînements, les encouragent en match, et viennent aider le club pour les animations. De ce côté-là, les bénévoles du club organisent une vingtaine de manifestations par ans. De quoi faire entrer de l'argent, mais aussi de fédérer les différents licenciés du club. C'est aussi grâce à cet état d'esprit de club familial et convivial que l'Olympique Liévinois vit encore. En 2002, le bâtiment abritant les bureaux est incendié volontairement par un feu de poubelle. Le club perd alors de nombreux papiers administratifs. Plus de vestiaires, plus de douches, alors que le club compte toujours des centaines de licenciés. « J'ai cru au pire. Ce fut moralement très dur pour tous les bénévoles, se remémore le président. J'ai cru que tout le monde allait partir, mais ce fut tout le contraire ». Adhérents à l'état d'esprit du club, de nombreux footballeurs renouvellent leur licence. Ils ne trouveront pas mieux ailleurs. La municipalité met rapidement à disposition trois baraquements durant deux ans et demi. De quoi rester à l'abri pour les dirigeants artésiens.

Aujourd'hui, le club est logé dans une belle structure fonctionnelle avec quatre vestiaires, des bureaux et la traditionnelle buvette. Comptant toujours sur la même équipe de bénévoles, Michel essaie de maintenir au club l'état d'esprit qui a fait de l'Olympique une belle réputation. Il multiplie les messages forts au sein du vestiaires. Des pancartes sont collés un peu partout au stade. Il a pris comme emblème le phénix, et essaie régulièrement de faire passer aux jeunes joueurs des messages de paix, de tolérance et de respect. « J'ai choisi le phénix car c'est mon fils qui me l'a soufflé. C'est le symbole de la renaissance, celui qui renaît de ses cendres. Quant à l'éducation des enfants, c'est très, très dur depuis quelques années. L'état d'esprit a bien changé, aussi bien chez les enfants que chez les parents. Tout comme la société d'ailleurs... Parfois, j'ai l'impression qu'on tient une garderie, que les enfants ne sont plus passionnés par le sport avec les jeux vidéos, l'ordinateur, les filles... Certains prennent des licences, ils s'en vont, certains peuvent même vous agresser s'ils ne sont pas contents. »
Mais pour les 25 ans du club, que Michel Bénézit et les bénévoles vont fêter samedi, c'est d'abord cet esprit de famille qu'il veut retrouver. Pour la modique somme de 5 euros, près de 200 personnes vont participer à une soirée dansante avec buffet froid dans la nouvelle salle Bondeaux. De nombreux anciens joueurs, aujourd'hui à Dunkerque ou Boulogne, vont faire le déplacement. Un anniversaire pour faire perdurer cet esprit familial. Pour 25 ans encore ?
C'est moins sûr...

Adrien JUSTINE, L'Avenir de l'Artois
M.Benezit
PALMARES DU CLUB
2001 les -15 ans dirigés par Pascal Vasseur vaiqueurs de la coupe d'Artois

UN CLUB ENGAGÉ ! LABEL JEUNE ESPOIR & LABEL FEMININ ARGENT

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COUPE DEMANDRILLE 2016